vendredi 16 novembre 2007

Sur la grève

Imaginez que tous les informaticiens se mettent en grève dans le pays: aucun effet notable: les ordinateurs continueraient de fonctionner ..un bon moment: grève totalement inopérante.
Prenons maintenant les écrivains, une grève des écrivains tout le monde s'en fout ! Les bouquins inondent déjà la planète, les lire, une vie entière n'y suffirait pas.
Les charcutiers maintenant: pas d'importance nous pourrions trouver de la viande et fabriquer nous mêmes des saucisses.
Etc.
Les salariés de la SNCF et de la RATP ont cette chance. Leur situation stratégique leur permet de revendiquer.

mercredi 14 novembre 2007

mensonge

"je voudrai dire que le Tchad est bien un Etat souverain et que je veux respecter, comme il se doit la justice tchadienne. "
..."La justice tchadienne va donc, discuter avec la justice française pour voir comment, on peut le plus rapidement possible trouver une issue."

vendredi 19 octobre 2007

Attraction

Eveillé ou en sommeil, sa présence m'obsède.
Tellement présente, soyeuse, humide au petit matin, elle m'attire inexorablement.
Je me couche sur sa peau, rêveur. Son lent mouvement m'endors et me réveille.
Chaque jour différente, exhalant un nouveau parfum, son attraction me submerge.
Je la regarde, ému, mettre en valeur la moindre courbe, le plus ténu mouvement.
D'autres hommes aimeraient la fouler sans vergogne, sans respecter sa beauté simple. Tous, elle les attire leur vie durant vers son centre de braise, puis lorsque leur dernier souffle survient, les conserve chaudement en son sein.
Telle est la terre, que j'aime.

samedi 6 octobre 2007

Grenelle et le déterminisme


Il y a un déterminisme biologique. Toutes les espèces vivantes ont comme but la reproduction et la survie.
Quelle est la part de l'individu dans ce schéma ? quel est son libre arbitre ?
Peut on compter sur son prochain pour défendre l'espèce ?

De nombreux humains n'ont que faire de l'avenir de la planète, ou de l'espèce, préoccupés uniquement de leur immédiate satisfaction, "après moi le déluge" pourrait être leur devise. C'est une première catégorie.
D'autres, appartenant à une deuxième catégorie, partent en mission pour la défense du cadre de vie de l'humanité ou plus généralement des êtres vivants.
Il y a donc place théoriquement pour une troisième catégorie, qui, étant confiante dans le déterminisme précité, se comporte en complice bienveillante et inactive de la seconde.
Je suis donc partagé, faut il agir ? Comment penser que mon insignifiante personne peut changer le cours de l'histoire de mon espèce ?

dimanche 23 septembre 2007

sans papier


Toutes les entreprises ont pour but de numériser aux maximum leurs échanges, donc de fonctionner sans papier. Pour les arbres c'est assurément une bonne nouvelle, la technologie, dans un beau rôle, soulage les ressources de la planète.
L'administration française , elle, stigmatise le sans papier, elle réclame des preuves tangibles de l'identité, du papier, du papier.
Ce n'est d'ailleurs pas suffisant, même avec papiers, l'individu sera poussé à prouver sa filiation avec des analyses ADN. La technologie, dans un rôle détestable, ne soulage personne et renforce le contrôle sur les personnes innocentes.

mercredi 29 août 2007

Muriel Robin

Je me souviens d'un sketch de Muriel Robin qui traite du problème de la division de l'addition lors d'un repas entre copains au restaurant.
J'étais au restaurant chinois avec quelques collègues. On me demande aimablement de choisir en m'expliquant les plats ( des plats chinois en anglais, ce n'est pas toujours très clair).
J'opte donc pour des crevettes, chacun des convives présentant un choix différent. Lorsque le serveur amène les plats, il les dispose au centre de la table. Personne ne saisit le plat qui lui est destiné, aussi je m'abstient également de prendre mes crevettes, principe de précaution.
Puis le feu vert est donné, la ronde commence, chacun mixe dans son assiette l'ensemble de l'offre.
Evidemment la note finale fut divisée équitablement .
Arithmétiquement parlant le système est parfait, en revanche vous n'êtes assuré d'apprécier qu'une petite partie de la nourriture, seule une portion de votre choix vous revenant...

samedi 25 août 2007

USA Today


Tous les matins lorsque je sors de ma chambre d'hôtel, je trouve USA Today sur le paillasson.
Je le lis le soir, ce n'est pas l'actualité qui m'attire mais plutôt comprendre l'American way of life.
Un article m'a littéralement sidéré : un quart de page du journal, en page 2, traite d'un problème crucial. Le lac Davis voit sa population de truite dévorée par les brochets. Oui juste après l'Irak en page 1, les brochets sur la page suivante.
Pourquoi les brochets posent-ils problème ? Le lac attire de nombreux pêcheurs de truites qui font vivre le tourisme local, voilà posée la question business.
La réponse à cette invasion de brochets a déjà été donnée il y a dix ans : Les dirigeants de l'état ont décidé d'empoisonner totalement TOUS les poissons, donc les brochets.
Remède américain.
Mais comme les brochets sont revenus deux ans plus tard, les commerçants du coin, qui étaient partants pour un empoisonnement plus efficace, se sont vu rembourser 33000$ pour l'échec.
Ayant tiré les leçons du passé nos dirigeants ont donc décidé, soutenus par les commerçants locaux de ... recommencer mais en mieux.
Les petits réservoirs en amont du lac, repérés par satellite, seront empoisonnés en premier lieu, avec un produit nommé rotenone qui empêche les poissons d'absorber l'oxygène.
Puis 550 personnes seront chargées de répandre 63750 litres de poison dans le lac, ce qui coutera 16 millions de dollars. Puis on reconstituera le stock de poissons du lac en y réintroduisant un million de nouveaux petits.
L'extrême finesse du procédé, l'intelligence déployée pour rééquilibrer l'écosystème, illustrent la grande compétence de l'état en matière d'écologie. On n'ose évidemment pas établir de parallèle avec la politique étrangère.

jeudi 23 août 2007

A votre santé

Où l'on voit que la santé c'est aussi du business. Depuis lontemps nous voyons fleurir les boutiques d'opticien: Afflelou, Grand Optical, Kryss, Essilor etc...
Eh bien ici en Californie le cap est dépassé nous en sommes à la vulgarisation dentaire, des boutiques pour acheter des dentiers...
Chez Safeway, disons l'équivalent de Casino, il est possible de faire renouveler ses ordonnances.
Bientôt les médecins n'auront plus de cabinet mais une boutique...

mercredi 22 août 2007

cosmopolite


Dans les entreprises de la Silicon Valley, le plus remarquable c'est l'incroyable mixité de population. J'étais dans un bureau dans une entreprise américaine avec une ingénieur d'origine chinoise , parlant anglais comme un natif.
Elle téléphonait à son boss, chinois comme elle , avec qui elle a tenu une longue conversation, en chinois, relative au travail, entrecoupée de mots anglais. Tout autour les bureaux sont remplis d'indiens, en grande majorité.Pour cantine , ici on dit "cafeteria", un rayon mexicain, un rayon "bio", un rayon bouffe pleine de sauce et de n'importe quoi, c'est le rayon américain.
Cette jeune femme m'invite à les suivre pour le déjeuner, au restaurant pas à la cantine, et me demande mon choix : Thaï, Indien, Chinois, Italien ?
En discutant elle me dit son souhait de passer des vacances en Espagne mais qu'elle redoute car elle ne connais pas la langue. Je répond qu'elle peut s'exercer facilement vu le nombre d'hispaniques en Californie, elle avec dédain : oui mais ce sont des femmes de ménages , alors la conversation...et puis elles parlent trop vite.
La culture ici c'est un grand pot pourri d'influences multiples.
Je ne sais pas si je supporterais longtemps.

dimanche 5 août 2007

le mois doux ou le mois doute



Endormi par la douceur de l'été, mon esprit vague d'avantage. Des idées paresseuses l'emportent sur fond d'horizons où le travail se résume à pêcher de petits poissons sur un ciel d'azur et à les faire griller le soir au soleil couchant, léchés par ses derniers rayons moins ardents.
Alors nait le doute: n'est ce pas cela la vraie vie ? Pourquoi revenir à Paris jouer cette comédie du consultant high tech?
Rien n'est plus important que la décision du CSA cet été : il faut prononcer Mois doute.

dimanche 10 juin 2007

Le client

Le client souverain décide du monde. Il défait les grands et les petits, oriente les productions, provoque les migrations ou les guerres.
Il achète voitures, pétrole, ordinateurs, services, gaz, électricité, eau, nourriture, transport, vacances, matières premières . Il se dirige toujours sur le meilleur rapport qualité prix tel le consommateur son cousin.
Le client ne se réduit pas au consommateur . Un client, qu'il soit individu ou entreprise peut acheter, transformer, revendre, en consommant ou non.
L'entreprise, cliente de ses fournisseurs ou partenaires, s'oriente, comme l'individu, vers la meilleure offre.
Le client élimine. Il élimine le plus cher, le petit commerce, les entreprises familiales, le logiciel commercial. Un seul critère est déterminant: le prix.
Le client peux aussi se faire du mal, il va faire ses courses à l'hypermarché, éliminant le commerce de proximité où travaille sa fille.
Il achète des voitures qui rejette du CO2, qui réchauffe la planète, et des particules fines polluantes qui rendent allergique et malade sa progéniture. Il achète des vêtements fabriqués ailleurs et détruit son propre emploi dans son usine de textile. Il préfère les beaux emballages en plastique couverts d'encre polluante qui rejètent beaucoup de dioxines dans les incinérateurs distillant le cancer à sa femme.
Il aime regarder des films de plus en plus violents, dans lesquels le meurtre est présent de manière systématique, mais il regrette que les lycéens imitent ces comportements dans les établissements scolaires.
Le client achète des actions de la société A, qu'il revend aussitôt pour en acheter d'autres de la société B qui offrent de meilleures perspectives de plus-values immédiates.
Avec cet argent frais la société B lance une OPA, réussie, sur la société C, où travaille le père du client, puis licencie massivement pour faire des économies d'échelle.
Le client ne comprend pas qu'il est à l'origine de tous les maux.

samedi 9 juin 2007

solidarité


Par glissement de sens, la solidarité devient l'action d'aider autrui. "Un monde plus solidaire" résonne comme slogan de campagne ces jours ci.
Mais la solidarité n'équivaut pas à la générosité comme le note André Comte-Sponville. La solidarité amène une obligation mutuelle, un contrat, la générosité est une action désintéressée.
La solidarité établit un lien réciproque entre deux ou plusieurs personnes. Nous nous engageons mutuellement envers l'autre. Ainsi fonctionnent les assurances, les mutuelles, les syndicats ( "Solidarnosc" le bien nommé).
Avant de devenir dans l'esprit d'aujourd'hui une action dotée d'une aura de bienfaisance, la solidarité définit un système où chacun a intérêt à aider l'autre, engendrant une efficacité remarquable.
L'intérêt alimente dans la majorité des cas les actions individuelles. Lorsqu'il est croisé avec l'intérêt de l'autre, nous créons un système indestructible.
Ainsi les paysans du siècle dernier qui devaient couper et rentrer les foins souvent rapidement, soumis aux aléas climatiques, travaillaient ensemble dans le pré d'un seul, pour accélèrer le ramassage. Tour à tour chacun bénéficiait de cette solidarité.
La solidarité n'est pas réservée aux individus.
Les entreprises sont maintenant souvent solidaires des mesures préservant l'environnement et s'affichent volontiers "vertes", car elles en attendent en retour une image et un chiffre d'affaire amélioré.
Vive la solidarité !

vendredi 8 juin 2007

Ignorance

Pendant la campagne des législatives chaque parti expose ses candidats à la télévision. Ils apparaissent de face, vous regardant dans les yeux, parlant lentement et distinctement.
Curieusement, tentez l'expérience, le regard est aimanté sur le bas de l'écran où défilent les sous-titres correspondant au discours de notre politicien, quasiment synchronisés.
Curieuse situation où de chaque côté de la petite fenêtre chacun lit le même prompteur et ne regarde pas son interlocuteur, dans une ignorance partagée.