La crise a mis à mal le modèle ultralibéral, le marché a besoin d'une régulation et d'une transparence qui soit renforcée par les états, sur le plan international.
Cette idée de plus en plus consensuelle s'applique aujourd'hui non pas au marché dans son ensemble mais à la sphère financière : crédits, produits dérivés, actions, paradis fiscaux.
Concernant les questions halieutiques et agricoles , le marché et la démographie nous conduisent vers l'épuisement des ressources: espèces sous le seuil de renouvellement, terres qui s'épuisent, eau qui vient à manquer .
Tant que les pêcheurs pourront capturer du poisson et en tirer bénéfice, ils le feront, et de plus en plus , aidés par la technologie.
Tant que les céréaliers pourront augmenter les rendements et en tirer bénéfice, il répandront des engrais, détourneront des rivières, épuisant les sols.
La PAC permet aux agriculteurs français de maintenir des prix bas, qui étouffent les productions du Sud. Non seulement la production dans le futur risque d'être inadaptée à la demande, elle est aussi mal répartie géographiquement à cause des subventions.
Ici également une gouvernance mondiale doit être mise en place pour éviter une distorsion fatale entre une demande et une production trop forte des humains et une planète qui ne peut donner que ce qu'elle a.
N'attendons pas la crise agricole mondiale ...
jeudi 26 février 2009
mardi 24 février 2009
Auto-mobile
Au volant de mon automobile, mon attention s'évapore parfois, l'obéissante mécanique devient alors un prolongement de moi même. Aussi aisément que mes jambes ou mes bras, elle répercute ma volonté. Elle n'est plus voiture, je ne suis plus humain, nous formons un tout, mobile.
La vitesse compose une qualité supplémentaire de mon être, ce feulement de pneu identifie mon déplacement, mon cerveau s'est approprié cette nouvelle enveloppe corporelle.
Je suis auto mobile, sans autre moyen que ma volonté discrète mon nouveau corps se déplace en toute autonomie.
La vitesse compose une qualité supplémentaire de mon être, ce feulement de pneu identifie mon déplacement, mon cerveau s'est approprié cette nouvelle enveloppe corporelle.
Je suis auto mobile, sans autre moyen que ma volonté discrète mon nouveau corps se déplace en toute autonomie.
jeudi 5 février 2009
Du sens
Parfois je me dis que tous les malheurs du monde viennent de la quête de sens.
Tout expliquer, tout fonder, font le malheur du genre humain.
Je parle ici des questions comme pourquoi suis-je sur Terre, qu'est ce que la mort, comment aborder l'infini.
Pas celle du genre pourquoi les gens boivent de la bière ou se mettent les doigts dans le nez, ou pourquoi Nicolas Sarkozy s'occupe des histoires de fosses septiques.
Ayons l'humilité d'imaginer que notre intelligence ne peut tout appréhender de ce monde, ni nos sens d'ailleurs.
Je rêve d'un état supérieur de conscience où les choses sont. Simplement.
dimanche 25 janvier 2009
Dette
La dette publique des Etats Unis se monte en 2009 à plus de 10 000 Milliars de dollars , soit 70 % du PIB.
Sur cette somme près de 3000 Milliards de dollars sont dus à l'extérieur : Chine, Japon etc...
Si l'on ajoute à la dette publique la dette des ménages et celle des entreprises américaines, nous sommes à 350 % du PIB.
Donc, résumé simplement, ce pays doit 3 fois ce qu'il gagne.
samedi 24 janvier 2009
Creance planétaire
De nombreux commentaires et analyses ont été développés sur la crise financière aux Etats-Unis puis sur la crise économique mondiales.
Tout le monde s'accorde pour attribuer aux crédits immobiliers américain la primeur de la crise. Ils ont été dispensés trop largement à des clients potentiellement insolvables. Les hypothèques n'ont pas été suffisantes pour les banques car entre temps les prix de l'immobilier ont baissé et les acheteurs se sont retrouvés de plus en plus rares. Ces créances ont été emballées dans des produits sophistiqués , commercialisés sur la planète entière.
Bien.
Mais notre société est basée sur le crédit : qui achète un logement, une voiture ou de l'électroménager comptant ? Aux Etats-Unis c'est un mode de vie.
Maintenant la question simple: qui engage sa responsabilité sur un contrat de crédit ?
L'emprunteur d'une part, sachant que s'il ne paye pas les mensualités, il devra renoncer à ses biens ( sa maison en l'occurence ). D'ordinaire un contrat d'assurance s'accole à l'offre pour s'assurer qu'en cas de chômage par exemple , les traites continuent d'êtres honorées.
Le prêteur d'autre part assurant qu'il versera l'argent proposé, mais aussi en évaluant le risque de voir ce montant jamais totalement remboursé.
Ici le risque présentait des niveaux jamais atteint. On accuse ici les prêteurs, mais comment juge-t-on les emprunteurs ?
Pris dans une folie collective de consommation à tout prix, ils sont souvent exonérés de responsabilité dans les commentaires.
Cette responsabilité individuelle , évanescente, pose problème. Les ménages américains ont vécu au crédit de la planète, il serait utile qu'ils le sachent. Nous devons maintenant tous payer.
Tout le monde s'accorde pour attribuer aux crédits immobiliers américain la primeur de la crise. Ils ont été dispensés trop largement à des clients potentiellement insolvables. Les hypothèques n'ont pas été suffisantes pour les banques car entre temps les prix de l'immobilier ont baissé et les acheteurs se sont retrouvés de plus en plus rares. Ces créances ont été emballées dans des produits sophistiqués , commercialisés sur la planète entière.
Bien.
Mais notre société est basée sur le crédit : qui achète un logement, une voiture ou de l'électroménager comptant ? Aux Etats-Unis c'est un mode de vie.
Maintenant la question simple: qui engage sa responsabilité sur un contrat de crédit ?
L'emprunteur d'une part, sachant que s'il ne paye pas les mensualités, il devra renoncer à ses biens ( sa maison en l'occurence ). D'ordinaire un contrat d'assurance s'accole à l'offre pour s'assurer qu'en cas de chômage par exemple , les traites continuent d'êtres honorées.
Le prêteur d'autre part assurant qu'il versera l'argent proposé, mais aussi en évaluant le risque de voir ce montant jamais totalement remboursé.
Ici le risque présentait des niveaux jamais atteint. On accuse ici les prêteurs, mais comment juge-t-on les emprunteurs ?
Pris dans une folie collective de consommation à tout prix, ils sont souvent exonérés de responsabilité dans les commentaires.
Cette responsabilité individuelle , évanescente, pose problème. Les ménages américains ont vécu au crédit de la planète, il serait utile qu'ils le sachent. Nous devons maintenant tous payer.
dimanche 18 janvier 2009
Rien
Qu'est ce qui inspire plus de réflexion que soi-même ? Chacun passe une grande partie de son temps à s'observer, rechercher plus de joie ou de plaisir et essayer de résoudre ses souces de souffrance.
Le mot reflexion veut déjà tout dire.
Pourtant une pensée centrée sur soi reste atrocement ridicule.
Modifions l'échelle temporelle, passons aux siècles, aux millénaires , aux millions d'années : que vaut ma petite réflexion individuelle qui précède au regard des milliards d'humains à vivre ou déjà morts?
Modifions l'échelle spaciale, France, Europe, Terre, notre galaxie, des ensembles de galaxies : ce n'est plus seulement ridicule mais insignifiant, grain de poussière parmi les poussières.
Comment admettre que je suis à la fois l'être dont je me soucie le plus sur terre et parallèlement constater qu'à l'échelle de ce qui nous entoure je ne suis rien ?
Un tout petit ensemble de molécules.
Tout cela n'a vraiment aucun sens.
Tiens je vais prendre un apéro et gratter les moules, ce midi moules frites, j'adore les moules.
Le mot reflexion veut déjà tout dire.
Pourtant une pensée centrée sur soi reste atrocement ridicule.
Modifions l'échelle temporelle, passons aux siècles, aux millénaires , aux millions d'années : que vaut ma petite réflexion individuelle qui précède au regard des milliards d'humains à vivre ou déjà morts?
Modifions l'échelle spaciale, France, Europe, Terre, notre galaxie, des ensembles de galaxies : ce n'est plus seulement ridicule mais insignifiant, grain de poussière parmi les poussières.
Comment admettre que je suis à la fois l'être dont je me soucie le plus sur terre et parallèlement constater qu'à l'échelle de ce qui nous entoure je ne suis rien ?
Un tout petit ensemble de molécules.
Tout cela n'a vraiment aucun sens.
Tiens je vais prendre un apéro et gratter les moules, ce midi moules frites, j'adore les moules.
mardi 18 novembre 2008
Pas le choix
A la question quel est notre libre arbitre ? j'ai beaucoup de difficulté à poser une réponse claire.
Prenons le désir d'enfant, par exemple : toute forme vivante tend à se reproduire, les chiens, les ânes, les merles, les fraises... Cette nécessité s'impose à l'espèce humaine comme à toute autre.
Parlons des tabous comme l'interdiction du meurtre ou de l'inceste, sans ces tabous plus de société viable.
Ou bien encore la morale, toute forme de conduite dite "morale" participe du même but : faire en sorte que le groupe, ou l'espèce subsiste dans de bonne conditions.
Pourtant on peut arguer qu'on ressent très bien un désir d'enfant ou un désir sexuel, sans aucune pensée pour la préservation du genre humain.
Le dégout du meurtre est ancré en nous ( la majorité du moins) de manière, nous semble -t-il quasiment innée.
Quand j'aide mon prochain dans la misère, quand je sauve un enfant qui se noie au péril de ma vie, ou quand je constate que je n'ai jamais volé, je l'attribue au respect des valeurs morales.
Jamais , ramené aux sensations individuelles, notre conduite n'apparait guidée par l'espèce ou l'univers.
Ressent on l'attraction terrestre ? Elle s'impose mais nous l'ignorons. Personne n'imagine que lorsqu'il chute il le doit à la pesanteur. De même nos conduites individuelles sont elles, à notre insu, largement prédéterminées par l'espèce ou l'univers.
Comment établir la liste de ce qui nous contraint malgré nous ?
Prenons le désir d'enfant, par exemple : toute forme vivante tend à se reproduire, les chiens, les ânes, les merles, les fraises... Cette nécessité s'impose à l'espèce humaine comme à toute autre.
Parlons des tabous comme l'interdiction du meurtre ou de l'inceste, sans ces tabous plus de société viable.
Ou bien encore la morale, toute forme de conduite dite "morale" participe du même but : faire en sorte que le groupe, ou l'espèce subsiste dans de bonne conditions.
Pourtant on peut arguer qu'on ressent très bien un désir d'enfant ou un désir sexuel, sans aucune pensée pour la préservation du genre humain.
Le dégout du meurtre est ancré en nous ( la majorité du moins) de manière, nous semble -t-il quasiment innée.
Quand j'aide mon prochain dans la misère, quand je sauve un enfant qui se noie au péril de ma vie, ou quand je constate que je n'ai jamais volé, je l'attribue au respect des valeurs morales.
Jamais , ramené aux sensations individuelles, notre conduite n'apparait guidée par l'espèce ou l'univers.
Ressent on l'attraction terrestre ? Elle s'impose mais nous l'ignorons. Personne n'imagine que lorsqu'il chute il le doit à la pesanteur. De même nos conduites individuelles sont elles, à notre insu, largement prédéterminées par l'espèce ou l'univers.
Comment établir la liste de ce qui nous contraint malgré nous ?
samedi 8 novembre 2008
au quotidien: le RER B
Transports harassants, prolétariat ramené à l'état de bétail. Je n'empruntais plus le RER B depuis des années.
Cette ligne me retrouve ce jour là et pour fêter ces retrouvailles le conducteur peste.
Bourg-la-Reine. Impossible de fermer les portes " Le train ne pourra partir que les portes fermées". Implicitement nous entendons : "Bande de sous-hommes , serrez vous plus abrutis ! les portes sont coincées".
Trois stations, trois messages identiques nous atteignent. A la quatrième gare : "un incident technique est survenu, veuillez descendre du train".
Tout le monde est irritable, les gens se poussent et s'engueulent. Normal : un être humain requiert un espace minimum pour rester sociable.
Le troupeau descend sur le quai étroit, déjà épuisé et énervé à 8h du matin. Plusieurs trains passeront avant que ne puisse monter.
En fin de journée, le soir, trajet retour.
Chatelet. Annonce : un incident technique retarde les trains de 20 à 30mn.
Voitures bondées, même troupeau épuisé espérant regagner ses pénates le plus rapidement possible.
J'attrape le premier train qui passe. Pas de chance il me faut changer à Bourg la Reine, courant pour changer de quai et attraper le train qui suit, saturé lui aussi...
Ce n'est malheureusement pas un épiphénomène mais le quotidien de millions de gens, affrontant les incidents techniques ou les grèves fréquentes.
Bayrou, Royal : ne saisissez vous pas que la politique ça commence ici ?
mercredi 5 novembre 2008
Obama
Nerf d'aciers, allure de félin, relâché, regard au dela de la foule, il mesure le parcours depuis Hawaii.
Aujourd'hui la terre entière aime Obama.
Aujourd'hui la terre entière aime Obama.
samedi 9 août 2008
Le double
Au fond l'être humain n' a qu'un désir: qu'on fasse les choses à sa place. Utiliser des machines, regarder la télévision, aller sur MySpace, permettent d'effectuer des tâches ou des activités par procuration.
Imaginez le monde quand nous pourrons cloner l'être humain. Enfin le plus drôle ce serait des clones désobéissants : un type completement semblable qui se comporte comme vous même, avec un caractère et une apparence identique, mais que vous ne maitrisez pas... Lisez "le double" de Gogol.
Imaginez le monde quand nous pourrons cloner l'être humain. Enfin le plus drôle ce serait des clones désobéissants : un type completement semblable qui se comporte comme vous même, avec un caractère et une apparence identique, mais que vous ne maitrisez pas... Lisez "le double" de Gogol.
dimanche 15 juin 2008
Empreinte
Monde de vie, monde de traces.
Une empreinte, qu'indique-t-elle ? un animal a foulé le sol à cet endroit. Elle renseigne assez bien sur son espèce, sa taille et le temps passé depuis la formation de ce moule.
D'autres signes, différents pour chaque famille animale, nous permettent de reconstituer le cheminement ou l'activité d'un individu ou d'un groupe.
Les sangliers par exemple peuvent saccager tout ou partie d'un champ. Le chevreuil se régale des bourgeons des jeunes arbres. Sans chercher très loin, les campagnols ou les taupes transforment un terrain plat en gruyère labyrinthique. En Afrique sub-saharienne les nuées de sauterelles prélèvent toute plante comestible sur plusieurs kilomètres laissant les paysans à leur désolation.
L'habitat modifie de façon plus ou moins marqué le paysage : termitières, terriers, nids, ruches.
Les déjections facilitent également le repérage.
Mais l'impact de la vie animale ne se limite pas à quelques traces où des saccages de récolte. Beaucoup d'espèces se nourrissent d'autres espèces. Le lion mange l'antilope, l'araignée la mouche, le poisson la larve etc. L'équilibre de cette chaine alimentaire ne demande qu'à se rompre.
Il suffit qu'à un bout de la chaîne un prédateur manque.
Un seul animal modifie l'environnement à grande échelle. Aucun autre ne le menace. Ses déjections, rejetées dans la mer ou dans les fleuves peuvent tuer tout ou partie des végétaux qui s'y trouvent.
Son habitat se répand sur des kilomètres carrés, interdisant à de nombreuses autres espèces d'y cohabiter. Il se reproduit exponentiellement et sa durée de vie augmente.
Pour se nourrir il tue un grand nombre de spécimen d'autres espèces, sur terre, dans les airs ou dans les océans. A tel point qu'il est obligé de les faire se reproduire pour son propre usage.
Il puise à la surface ou dans le sol les matériaux nécessaires à son activité.
La moitié des forêts tropicales ont disparu par sa frénétique volonté de déboisement.
L'ozone de l'atmosphère a été détruit par ses rejets de CFC. L'air et les fleuves sont pollués par son activité. Ses prises dans les mer empêchent le renouvellement des espèces.
Qui sera le prédateur de l'homme ?
vendredi 23 mai 2008
La politique
Mon sentiment : elle est absente.
Les questions posées au genre humain restent sans réponse. Sans doute un politicien doit-il d'abord être haï . Car il lui faut dire la vérité. Puis quelques années plus tard, s'il est fidèle à ses idées trouvera-t-il un peu de reconnaissance.
Assez peu auront le courage de suivre ce sacerdoce.
Au rythme actuel la planète sera bientôt inféconde, elle ne nous nourrira plus.
Quel politicien remet en cause notre mode de consommation ?
De plus en plus d' espèces de poissons sont au dessous du seuil de renouvellement, le pétrole dépasse les 135$ le baril: qui dira aux pêcheurs français que leur métier est condamné ?
Qui fera comprendre aux populations que leur mode de vie devra changer ?
La seule vraie réflexion qui vaille : "The limits to growth" de Donella & Dennis Meadows & Jorgen Randers.
Les questions posées au genre humain restent sans réponse. Sans doute un politicien doit-il d'abord être haï . Car il lui faut dire la vérité. Puis quelques années plus tard, s'il est fidèle à ses idées trouvera-t-il un peu de reconnaissance.
Assez peu auront le courage de suivre ce sacerdoce.
Au rythme actuel la planète sera bientôt inféconde, elle ne nous nourrira plus.
Quel politicien remet en cause notre mode de consommation ?
De plus en plus d' espèces de poissons sont au dessous du seuil de renouvellement, le pétrole dépasse les 135$ le baril: qui dira aux pêcheurs français que leur métier est condamné ?
Qui fera comprendre aux populations que leur mode de vie devra changer ?
La seule vraie réflexion qui vaille : "The limits to growth" de Donella & Dennis Meadows & Jorgen Randers.
mardi 15 avril 2008
chronique d'un calcul
Hier, suite à une opération d'un calcul rénal deux jours avant, je ressens une douleur aux lombaires, typique de la colique néphrétique. La veille je n'ai pas diné, un ballonnement me fait mal dans tous les intestins. J'appelle mon généraliste qui me conseille les urgences.
Après avoir tourné autour des urgences de l'hopital d'Antony, culpabilisé car je ressens que ma vie n'est pas en danger, je m'y resouds car j'ai trop mal et me présente.
Je me trompe de guichet et attend aux "sorties" personne ne m'en avise.
Finalement je vais aux "entrées", la fille me parle sans me regarder. Après 10 mn d'attente une infirmière me prend en charge.
-"j'ai mal j'ai été opéré Vendredi...". On m'installe sur un brancard dans une autre pièce.
-Une autre infirmière : "Qu'est ce qui se passe Monsieur ?".
-Moi : "J'ai mal j'ai été opéré Vendredi, hier soir mes intestins étaient gonflés..."
Elle est jeune et gentille.
10 mn plus tard le Médecin des urgences : "Tiens je vous reconnais vous!"
-Moi: "Oui moi aussi je vous reconnais".
Le calcul avait été diagnostiqué une nuit , quinze jours plus tôt, aux mêmes urgences , par le même médecin.
-Le médecin: "Qu'est ce qui se passe , Monsieur ?"
Moi: "J'ai mal j'ai été opéré Vendredi, et hier soir j'ai été balonné..."
-Le medecin: " Stop , Arrêtez sinon elle va..."
La phrase est déstinée à la jeune infirmière, je n'en comprends pas le sens, mais ressens une impression de malaise, comme si je me répandais trop en explications.
-Le médecin: "Bon il est possible que ce soit une sidération du bol alimentaire, cela arrive après des opérations. Mais nous allons vérifier qu'il n'y a pas de fragment de calcul restant, par échographie, mettez le sous perf de Profenid."
La douleur me contracte les intestins comme une violente colite, plus le rein et l'uretère gauche.
Le temps que l'infirmière me branche la perf, je chiale de douleur. On me descend à la radio.
Là j'attendrai 2h30 sans nouvelle. Une femme arrivée après moi en fauteuil roulant est appelée à la radio. Elle revient. J'aperçois le medecin des urgences qui dit en parlant d'elle :
-"il faut lui faire une echo aussi"
Elle part faire son echographie.
Au bout d'une heure trente je tente un
-"Vous êtes sur qu'on ne m'a pas oublié ?" à destination d'une secrétaire située à 10m que j'aperçois depuis mon brancard.
-"Non non monsieur mais il vous ont descendu trop tôt, l'écho ça commence à 14h".
A la limite, comme la douleur est passée, je suis prêt à tout encaisser.
L'echographie est normale, juste un rein un peu dilaté et un peut de caillotage dans la vessie, normal après l'opération. Je tente de reparler de mes intestins sans succès.
Je suis replacé dans le couloir.
-"On va venir vous chercher pour vous ramener aux urgences"
Vingt minutes plus tard un brancardier me remonte. On me replace dans une salle, derrière un paravant. Je reste là 40 mn. Une femme agée à coté doit se faire poser une sonde urinaire.
Le médecin des urgences surgit .
-"Tout est normal, vous pouvez sortir, Vous revoyez l'urologue Jeudi."
-"Mais je pars en vacances Mercredi !"
-"Bah vous retardez de 24h, on le déperf, il sort".
Il repart. Je ne comprends pas pourquoi je dois revoir l'urologue, ce n'était pas prévu et il vient de me dire que tout est normal.
A la sortie j'attends au guichet "sortie", ce coup ci c'est le bon guichet. Le jeune guichetier téléphone. J'entends la conversation, il s'agit d'un rendez vous pour son fils. Il raccroche. Je vais pour me lever, mais il rappelle sa femme, pour dire à quelle heure son fils a rendez vous. Je me lève et marche devant lui, il ne me regarde pas, pianote sur l'ordinateur et ne se départit pas de son combiné coincé dans son cou.
Finalement il me tend un papier à signer, un bon de situation.
- Vous m'en donnez un exemplaire ?
- Non ce n'est pas pour vous.
- Mais pour mon travail aujourd'hui ?
- Sans répondre il prend un autre formulaire qu'il signe et tamponne
- Il faut que je prenne rendez vous avec l'urologue.
Il s'exécute et me donne mon rendez vous
Moi : "c'est tout"
-"oui"
Je n'ai pas d'ordonnance.
Deux heures plus tard j'ai mal comme un chien. J'appelle le généraliste qui me conseille de prendre les anti-inflammatoires qu'on m'avait prescris pour 48h en post-opératoire. Je prends aussi du carbosymag pour dégonfler mon intestin. La douleur diminue.
Je me sens humilié. Humilié d'être invisible à l'entrée aux urgence. Humilié d'avoir ma parole réduite au minimum pour le diagnostic vital. Humilié d'être stocké comme un paquet dans un couloir pendant des heures. Humilié d'être considéré comme un portefeuille pour des consultations inutiles. Humilié par un réceptionniste qui traite ses affaires privées avant de considérer les patients. Humilié par un système que je reconnais malgré tout efficace et compétent.
Mais réellement, il manque un maillon entre les urgences et le retour "à la maison".
D'un coté le médecin généraliste qui renvoie aux urgences, de l'autre les urgences qui font mécaniquement leur boulot, où l'on se sent coupable si on est pas en danger de mort, et personne qui ne traite mon problème en sortie : de terribles douleurs générées par du gaz qui comprime mes organes inflammés par l'opération.
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